Orthèse Plantaire

Les orthèses plantaires sont des appareillages amovibles, spécifiques, destinés à être placés dans les chaussures de série et dont l’indication et la conception dépendront des données recueillies au cours de l’examen clinique.

examen des pieds

L’orthèse plantaire est destinée à :

  • corriger la statique défectueuse du pied ou une anomalie du relief plantaire
  • envelopper et compenser les anomalies du pied
  • corriger tout déséquilibre statique et dynamique du sujet, en dessous de 20 mm
  • soulager les appuis plantaires douloureux

Comme tous les appareillages, les orthèses plantaires évoluent en fonction de la technologie, mais également par la compréhension des pathologies.

Ainsi, l’orthèse plantaire peut avoir une action locale, mais également une action sus-jacente au niveau du membre inférieur en intervenant sur les trois plans de l’espace.

Les différents éléments qui constituent l’orthèse plantaire sont très variés, chacun ayant une orientation très précise, ce qui nécessite une recherche clinique approfondie afin d’adapter la conception des éléments au but recherché qui est de satisfaire aux impératifs morphologiques du patient.

C’est en fonction de l’étude de plusieurs paramètres, cliniques et technologiques, qu’une semelle orthopédique aura une action optimale et ne pourra se concevoir, de ce fait, sous une forme standardisée.

Pour qui ?

Les indications des orthèses plantaires doivent s’envisager en fonction de l’âge.

Pour l’enfant

Les grandes indications sont représentées par :

Les troubles statiques : ils sont fréquents chez l’enfant, mais seuls ceux entraînant une gène fonctionnelle nécessiteront un appareillage (chutes fréquentes, fatigabilité à la marche, déformations importantes des chaussures). Un certain nombre de ces troubles statiques s’améliorent spontanément au cours de la croissance, mais cette évolution est difficile à prévoir.

La correction des troubles doit être envisagée lorsqu’ils sont importants, et lorsque la marche est bien élaborée (vers 4-5 ans). La forme des éléments de l’orthèse plantaire est déterminée en fonction du bilan clinique.

Les éléments de stimulation sont préférables aux éléments purement correcteurs, lorsque cela est possible.

Les ostéochondroses : elles sont de localisations multiples au niveau du pied, et fréquentes.

Elles se manifestent par l’apparition de phénomènes douloureux en regard de l’ostéochondrose. L’orthèse plantaire aura pour but de soulager la zone douloureuse par la mise en place d’une talonnette en caoutchouc, pour la maladie de Sever, ou par la mise en décharge d’une tête métatarsienne pour la maladie de Frieberg.

Les inégalités de longueur des membres inférieurs : c’est souvent à l’occasion d’un examen systématique, scolaire par exemple, et devant la crainte d’une scoliose que sont demandées des radiographies. Les inégalités minimes, de quelques millimètres, ne justifient aucune correction plantaire.

Par contre, les inégalités de plus d’un centimètre entraîne une bascule du bassin et une inflexion latérale compensatrice du bassin, et nécessite alors une compensation par orthèse plantaire. Mais, il faut suivre par des examens réguliers cette inégalité qui peut être évolutive.

Les affections générales : il peut s’agir d’affections rhumatologiques rentrant par exemple dans le cadre des arthrites chroniques juvéniles, ou des affections neurologiques : spina-bifida, infirmités motrices cérébrales.

L’appareillage par la seule orthèse plantaire est souvent insuffisant, et il faudra alors envisager d’autres appareillages complémentaires : gouttières de repos pour les affections rhumatologiques, coques talonnières, appareils de stabilisation, chaussures orthopédiques pour les affections neurologiques.

Pour l’adulte

Les grandes indications sont représentées par :

Les affections douloureuses du pied : les adultes présentent fréquemment des douleurs en rapport avec des affections épidermiques (cors, durillons) qui sont secondaires à des troubles statiques et à des déformations irréductibles du pied.

Il faudra donc une orthèse plantaire qui permettra une décharge de la zone douloureuse en reportant les contraintes d’appui sur les surfaces d’appui adjacentes.

Les troubles statiques et dynamiques : lorsqu’un adulte présente un trouble statique réductible, avec des répercussions fonctionnelles (douleurs articulaires, fatigabilité à la marche), une semelle orthopédique peut être indiquée.

C’est le cas par exemple d’une hyper pronation devenant douloureuse chez le sportif. Les déformations réductibles doivent bénéficier d’éléments correcteurs. En cas de déformation irréductible, il faut s’orienter vers des orthèses type répartition de charge.

Affections générales : comme chez l’enfant, le pied de l’adulte peut être touché et déformé par une affection générale : rhumatologique, neurologique, métabolique. Ces affections peuvent être stabilisées et non évolutives (poliomyélite) ou le plus souvent évolutive (PR ou affection neurologique dégénérative). L’appareillage doit s’adapter à cette évolution et doit être prescrit précocement, presque préventivement à une période ou les déformations sont encore minimes.

Il doit corriger les déformations qui s’installent. Mais, les orthèses plantaires, comme les autres thérapeutiques, ne peuvent s’opposer au caractère évolutif de la maladie.

De ce fait, un nouvel équilibre est acquis, nécessitant un nouvel appareillage. La surveillance et l’adaptation de l’appareillage sont capitales dans ces affections évolutives.

Les matériaux d l’orthèse

Les matériaux utilisés doivent être non traumatisants et façonnés en fonction de chaque cas pathologique particulier :

  • éléments de correction : ils peuvent être souples ou rigides (caoutchouc, liège, liège-caoutchouté)
  • base de support ou première : elle est réalisée en cuir ou en matériau synthétique ou naturel présentant des qualités au moins égales de solidité et de confort. Sur cette première, sont fixés les éléments correctifs.
  • recouvrement : la peausserie animale est la couverture habituelle des orthèses plantaires. Elle peut être remplacée par tout matériau synthétique ou naturel réputés non allergique, présentant des qualités au moins égales de solidité, d’hygiène et de confort.

Il existe d’autres matériaux comme les résines qui sont utilisées dans les techniques actuelles de thermoformage et de thermosoudage.

Contre indications

Selon le cahier des charges sont exclues :

  • les semelles fabriquées en série
  • les semelles dites proprioceptives, à action ascendantes, par stimulation magnétique
  • les talonnettes pour corriger uniquement l’inégalité de longueur d’un membre inférieur

Il faudra également tenir compte :

  • des allergies éventuelles à l’un des constituants
  • des pathologies articulaires en période évolutive comme la PR
  • des pathologies entraînant des troubles trophiques majeurs comme le diabète et l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs
  • du chaussant (non adapté, chaussure orthopédique…)

En conclusion

Qu’il s’agisse de l’enfant ou de l’adulte, l’orthèse plantaire représente un élément thérapeutique important pour soulager les affections du pied.

Mais, la plupart du temps, elle vient s’inscrire dans un programme de traitement plus général : traitements médicamenteux, chirurgical, de rééducation.

Enfin, elle vient parfois compléter d’autres appareillages comme les orthoplasties.


Orthèses d’orteils

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