Le sang a deux fonctions essentielles et opposées à remplir :

  • une fonction de transport : le sang transporte les substances indispensables à la vie comme l’oxygène, les vitamines. Pour remplir cette fonction, il doit rester fluide et ne pas s’épaissir
  • la faculté de coagulation : en cas de blessure, le sang doit colmater la brèche ouverte et pour se faire, il coagule

Pour mener à bien ces deux missions opposées, il existe dans le sang et les tissus de l’organisme toute un série de substances qui puisent leur efficacité dans un mécanisme très complexe.
Certaines circonstances viennent bouleverser ce mécanisme (opération, grave blessure). Le sang forme alors des caillots (thrombose ou embolie) qui bouchent les vaisseaux.

Les situations suivantes accroissent les risques de thrombose : blessure grave, opération, cancer, diabète, insuffisance cardiaque, excès de poids, varice, grossesse, infarctus, paraplégie, alitement prolongé. Les fumeurs et les patients souffrant d’artériosclérose grave sont aussi exposés à un risque plus élevé de thrombose.

Pour prévenir les thromboses, on utilise généralement des médicaments qui comportent deux familles :

  • les anticoagulants
  • les antiagrégants plaquettaires

Les anticoagulants

Ils inhibent la coagulation en agissant sur l’hémostase, en empêchant soit la formation de la prothrombine, soit celle de la thrombine, soit en empêchant les facteurs de coagulations d’agir. En effet, en empêchant la formation de la thrombine, cela bloque la transformation du fibrinogène en fibrine (caillot).
Il existe deux catégories d’anticoagulants selon leur mode d’action :
– l’héparine
– l’anti-vitamine K
· L’héparine est une substance naturelle présente dans l’organisme : c’est un anticoagulant physiologique. Elle sera administrée par injection car sa composition chimique la rend totalement dénaturée par les sucs digestifs.

Elle a une action immédiate : l’association de l’héparine et d’un cofacteur (antithrombine III) permet une neutralisation de la thrombine. De plus, l’activité antithrombine III potentialisée par l’héparine inhibe le facteur X activé, indispensable à la coagulation.

L’héparine est indiqué dans le traitement des thromboses veineuses déclarées (phlébite), de l’embolie pulmonaire, des thromboses artérielles (infarctus du myocarde, artériopathie oblitérante du membre inférieur). Elle est également indiquée en prévention à l’hôpital.

Elle est contre indiquée en cas d’allergie, pour les lésions susceptibles de saigner (ulcère) et pour les AVC.
Ex : CALCIPARINE, LOVENOX, FLAXIPARINE et les différents types d’HÉPARINE
· L’anti-vitamine K n’est active que par voie orale. Il faut les considérer comme des médicaments de relais et non d’urgence comme les héparines, car elle agit qu’après 1 ou 2 jours.
Contrairement aux héparines, elle a une action indirecte sur la coagulation, car elle va inhiber la synthèse hépatique des formes actives des facteurs de coagulations (II, VII, IX, X) en se substituant à la vitamine K. Sans ces facteurs, la prothrombine ne peut être synthétisée, donc la thrombine non plus, ainsi que la fibrine.
Les indications et contre indications de l’anti-vitamine K sont les mêmes que celles de l’héparine.
Ex : SINTROM, COUMADINE (qui est un dérivé de la COUMARINE)

Les antiagrégants plaquettaires

Ils agissent sur la formation du clou plaquettaire, c’est à dire sur l’hémostase en provoquant une inhibition de l’agrégation plaquettaire (adhésion des plaquettes aux parois des vaisseaux) en inhibant l’enzyme qui permet de transformer les phospholipides en plaquettes. Ils vont également entraîner une prolongation du temps de saignement.
Ils seront indiqués dans la prévention des complications thrombotiques artérielles (AVC, infarctus du myocarde, artériopathie oblitérante du membre inférieur)
Ils sont contre indiqués en cas d’allergie, pour les lésions susceptibles de saigner (ulcère) et en cas de leucopénie ou de thrombopénie.
Ex : TICLID, ASPIRINE, ASPEGIC

Conclusion

Associé à ces deux classes de médicaments, on peut également parler de l’acide acétylsalicylique (aspirine) dont le rôle est de fluidifier le sang.
Dans tous les cas, un patient sous anticoagulants, ou sous antiagrégants plaquettaire devra être soumis à une surveillance régulière qui sera clinique par le dépistage d’incidents et d’accidents hémorragiques, et biologique à l’aide de différents tests (taux de prothrombine, temps de coagulation, taux de fibrinogène).
En tant que pédicure podologue, en face de tout patient sous anticoagulants, nous devrons, après un bilan vasculaire, faire un soin rigoureux qui devra éviter toute effraction cutanée. Ces dernières pouvant en effet engendrer une hémorragie difficile à arrêter. Notre rôle sera également de donner des conseils de chaussants et d’hygiène afin d’éviter tout geste traumatisant.